Faut-il juger les fous ? De la folie, des experts, des juges …

Le 8 novembre 1726, un homme demande à passer la Dordogne à bord d’une barque. Arrivé au milieu du cours, il se jette à l’eau. 

 Les nautoniers le repêchent et s’aperçoivent qu’il s’était lesté d’une lourde pierre attachée sous sa veste. Ce dernier explique alors qu’il est convaincu de l’infidélité de sa femme et que plutôt que d’en venir à l’assassinat, il a voulu se suicider. On lui fait la morale, on le sèche, on le renvoit chez lui.

Le 10 novembre, il assassine sa fille, qu’il soupçonne être celle de l’amant de son épouse, à coups de hache.

Au cours de l’instruction, plusieurs personnes viennent témoigner de l’égarement du prévenu Jean Chassaing. Il déambulait en parlant seul et sans suite, il se comportait d’étrange façon, enfin il avait tenté de se suicider à La Roque parce que selon ses déclarations à ses sauveteurs : »Il ne peut plus s’empêcher de tuer quelqu’un. Le cercle de son cerveau a cassé. »

Le 24 janvier 1727, le procureur du Roi demande que l’on établisse un constat de son état mental. L’expertise est faite par trois médecins qui décrivent le prévenu comme étant « mélancolique, stupide, dans la fatuité et dans cette espèce de démence où l’imagination et la mémoire n’ont pas une considérable lésion, mais où cette cette action de l’esprit qui fait la réflexion, le jugement et la raison est trouble, imparfaite, défectueuse et incapable de lui donner le discernement du bien et du mal. »

Et le 27 février, le prévenu Jean Chassaing comparaît seul devant la cour, composée de cinq juges conseillers, sans l’asistance d’aucun avocat. Le lendemain 28 février, l’arrêt est rendu : « Par notre sentence, sans nous arrêter à la démence alléguée par ledit Chassaing dont l’appréciation appartient uniquement à l’autorité de  la Cour, avons déclaré et déclarons ledit Chassaing (…) convaincu de crime parricide par lui commis sur la personne de sa fille Marguerite Chassaing, pour réparation duquel avons condamné ledit Chassaing à être pendu et étranglé jusqu’à ce que mort naturelle s’ensuive (…). -Récit in extenso : Archives Départementales de la Dordogne et Miton Gossare « Un siècle de chroniques » L’Ydre editions 1996-

Allons encore un petit effort Madame Dati et Monsieur Sarkozy, votre majorité vous soutiendra, il est temps de renouer avec un temps où juger avait un sens et où la démence et les experts étaient traités selon leurs mérites respectifs !

Pour des propos plus sérieux (?) sur cette question, cliquer : « Paroles de juge »

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Une réponse à “Faut-il juger les fous ? De la folie, des experts, des juges …”

  1. Marc24 dit :

    A moins que les personnages politiques contemporains que vous citez ne soient atteint de folie?

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