MoDem Périgueux, lundi 17 décembre : l’audace et la prudence.

 

Nous n’y tenions plus. Allait-il se déclarer ce champion du centre que Bayrou appelait de ses voeux, que son électorat attendait, que la stratégie voulait, que la tactique risquait d’étouffer ? Bref, Monsieur Démaret donnerait-il suite à ses précédentes déclarations ? Monsieur Mingasson emporterait-il le MoDem vers une alliance avec l’U.M.P dès le premier tour ?

 

ak51.gifATTENTION ! ARTICLE DARCOSIEN ! (Pas Darcosiste, notez le bien, ma neutralité me l’interdit …)TOUT EST EN CHANTIER ! Une phrase peut en remplacer une autre, une idée être contredite, un contredit peut être démenti, bref une vraie piste cyclable périgourdine.

Le MoDem départemental, quant à lui danse la valse hésitation. D’une part, il y a la fidélité à la ligne d’indépendance tracée par le leader du mouvement. D’autre part, il y a une ligne de tractation tous azimuts afin de « peser » sur les programmes, définie par Monsieur Bayrou. Autant dire concrètement, et d’un département où l’on ne saurait avoir les hauteurs de vue des vallées pyrénéennes, d’un côté la présentation de listes au premier tour en vue d’alliances avantageuses au second, de l’autre avoir le maximum de candidats éligibles dans des listes d’union dès le premier tour, avec ses alliés traditionnels de l’U.M.P.. D’un côté l’aventure avec de grandes perspectives de gains importants, de l’autre la sûreté de gains moindres mais sans risques. D’un côté Monsieur Démaret, de l’autre Monsieur Mingasson. Le MoDem est bien ennuyé. Il ne souhaite pas soutenir Monsieur Démaret selon le journal Sud-Ouest. Il n’y serait pas hostile, mais ne ferait rien de positif pour que surgisse cette liste. D’un autre côté, Monsieur Mingasson ne se Cavadariserait-il pas ? Stratégie d’un mouvement politique ou bien carte personnelle ? Cinq places sur la liste de Monsieur Darcos en seraient la justification. Cinq places ou bien celle de premier adjoint promise à Monsieur Mingasson ? Il est bien difficile d’être centriste. Que fera le MoDem ?

Que peut-il faire aujourd’hui ? La tactique préalable à la constitution des listes semble n’avoir réussi qu’à moitié. Ou Monsieur Darcos qui n’en finit pas de tarder à déclarer qu’il sera candidat, n’aurait-il pas trop tardé à établir une alliance visible et palpable avec le MoDem ? Faut-il entendre ainsi la déclaration de Monsieur Mattera le 11 décembre dernier ?(1) 

Au demeurant, des gens bien informés déclarent depuis longtemps déjà que Monsieur Démaret est fort en colère contre les mauvaises manières du maire Darcos aux centristes et peut-être bien contre l’attitude déplorable qu’il eut vis à vis de Madame Claire Castanet. (2) Lui même n’en faisait pas mystère et s’en était ouvert aux journalistes de la Dordogne Libre le O3 décembre  (3) tandis que son frère ennemi déclarait sa flamme à Monsieur Darcos dans les colonnes du Sud-Ouest.  Mais dès juin l’agitation, les ouvertures vers le P.S. par la voie d’ambassadeurs officieux se faisait. En novembre cependant, les forces et les limites de la stratégie de François Bayrou apparaissaient. Le blog du MoDem citait les échos de campagne du Sud-Ouest pour annoncer la possible constitution d’une liste à Périgueux.(4) Curieuse façon pour un mouvement politique d’annoncer ses intentions quand c’est la presse qui semble les lui apprendre.

Depuis juin donc, au MoDem rien de nouveau ? En effet, mais tout de même, les choses se précisent.

clip-image002-copie-11.jpg

Selon OpinionWay, 64 % des Français souhaitent que Bayrou ne s’allie ni avec le PS ni avec l’UMP.

François Bayrou pourra y voir une sorte de caution apportée à sa stratégie : une très large majorité des électeurs (64 %) souhaite que le MoDem ne s’allie ni avec l’UMP ni avec le PS. Selon un sondage OpinionWay pour le Figaro et LCI, l’opinion paraît en tout cas prendre en compte le positionnement du député des Pyrénées-Atlantiques qui a déclaré la semaine dernière ne se «reconnaître ni dans le projet de société de Nicolas Sarkozy, ni dans le projet politique du PS».

Le rendez-vous manqué.

Il est tout de même intéressant de noter que ceux qui souhaitent une alliance sont nettement plus nombreux à la vouloir avec le PS (22 %) plutôt qu’avec l’UMP (13 %). Il apparaît d’ailleurs qu’un rapprochement avec le PS séduirait une majorité des électeurs de Ségolène Royal, alors que ceux de Nicolas Sarkozy repoussent largement une alliance du MoDem avec l’UMP.

Il est donc logique que la plupart (80 %) de ceux qui ont voté pour Royal au premier la croient sincère dans sa relation du rendez-vous manqué avec François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle. Sincérité à laquelle ne croient finalement qu’une petite majorité des sondés, les autres électeurs étant nettement plus réservés ou incrédules sur ce point. Et c’est à peu près dans la même proportion qu’ils croient à la sincérité de François Bayrou dans la présentation qu’il fait de ce rendez-vous.

Finalement, la révélation de cette offre faite par Royal à Bayrou, et du refus de celui-ci de laisser celle-là venir chez lui, entre les deux tours de la présidentielle, n’a pas d’impact sur ce que les gens pensent d’eux : respectivement 70 % et 71 % des sondés n’ont pas changé d’avis à leur sujet.

images-7-.jpg

 le 07/12/2007

 

 

 


La stratégie de Monsieur Bayrou apparaît clairement aujourd’hui pour celle traditionnelle des partis du centre sous la troisème et quatrième république. La cinquième république et sa machine à laminer les opinions et partis nous ont habitués graduellement à raisonner en terme de bipartisme. C’est le principal atout de Monsieur Bayrou pour faire prendre une position ancienne pour une posture moderne. Il n’en demeure pas moins vrai que ce faisant, il réveille en nous un élan démocratique. La droite pas plus que la gauche ne sauraient se résumer à deux grands partis partageant 95 % de leurs idées. On en voit les effets aux U.S.A. et en Grande-Bretagne. Bayrou nous dit que les clivages sont bien plus profonds, puisque déclarant vouloir rompre avec le « tout ou rien » auquel nous condamne l’affrontement des deux forces de droite et de gauche, il ne se propose pas de mener une politique d’ouverture aux idées au sein d’un grand rassemblement de la droite, mais veut créer un nouveau parti qui soit précisèment un « pont » entre ces deux forces.  Cependant si Monsieur Bayrou pouvait tenter d’exister avec panache ma foi dans l’élection présidentielle qui se prête à cette confrontation de personalités, la réalité des partis s’impose à lui dans toutes les élections nationales ou locales. Les uns veulent garder leur place, les autres en conquérir, mais sans alliances ce peut être une Bérézina. On l’a vu pour la députation. Restent les élections moins emblématiques mais qui font aux partis de solides implantations, les municipales, les cantonnales, les sénatoriales. L’équation reste la même. Mais le MoDem peut espérer traduire en postes de responsabilités locales les vingt pour cent de François Bayrou aux présidentielles.

Est-il possible à Bayrou et à son mouvement tout neuf d’échapper à son histoire, son ascendance, ses alliances. Cela semble très difficile tant il est certain que pour sauver des situations d’aucuns braderont l’orthodoxie en faisant fi des recommandations de François Bayrou, d’autres se couleront naturellement dans les plis des alliances traditionnelles par réflexe autant que par la longue pratique des idées et des hommes. Certains enfin auront le courage autant que l’opportunité de donner une vie réelle aux propos fondateurs de ce nouveau centre. Mais le MoDem ne peut et ne veut choisir une stratégie globale quoi qu’il en dise et laisse tout aux tactiques locales et aux circonstances. Intelligence des situations, prudence, ou simplement incapacité à s’abstraire réellement du camp de la droite ? De cette distinction naîtra la capacité à être du MoDem.

Or la définition des objectifs de Monsieur Bayrou est assez floue. Je ne voudrais pas que l’on m’accuse de la caricaturer. Elle peut donc être lue sur le Blog de Brageirac telle que reprise du Figaro.

La suite des aventures des frères ennemis du MoDem dans un chapitre 2 (toujours en chantier comme les trottoirs de cette ville. Next page

(1), (2), etc. signalent que les mots qui les précèdent sont des liens.

analyse de traffic

analyse audience

3 Réponses à “MoDem Périgueux, lundi 17 décembre : l’audace et la prudence.”

  1. Marc24 dit :

    Audace ou prudence? Mais en quoi?

    On connaît Monsieur Bayrou qui a capitalisé sur son nom un bon paquet de voix. On ne connaît pas encore le Modem ce qui est normal car son acte fondateur ne remonte qu’à quelques jours. La question à se poser est quel avenir souhaite ce nouveau parti politique? Veut-il se positionner comme un futur grand parti composé de militants chargés d’idées et de convictions? Ou veut-il participer au pouvoir avant d’avoir acquis une légitimité auprès de ses électeurs?

    Oublions un temps les personnalités locales. Si ce parti cherche à être une force politique sur laquelle les électeurs puissent compter, il lui faut acquérir une légitimité. Celle-ci ne s’acquiert qu’à travers la confrontation directe avec les électeurs. Comment un éventuel allié peut-il penser à ce que représente le Modem si il ne sait pas combien celui-ci représente d’électeurs, des vrais,de ceux qui mettent un bulletin dans l’urne? Sauf à vouloir étouffer ce parti, ce qui n’est en soi pas un signe de démocratie, la Droite, comme la Gauche, devraient laisser ce parti s’exprimer. En second tour, la situation serait plus claire pour des alliances respectables et respectueuses.

    Bien sûr, on va me rétorquer que quelquefois il vaut mieux jouer la politique du coucou, cet oiseau qui pond dans le nid des autres, et travailler de l’intérieur. C’est vouloir travailler en aveugle car dans la réalité d’un conseil, même avec 5 adjoints sur 11, on est minoritaire. Comment peut-on faire passer des idées constructives? En principe, ce ne sont que des mesurettes sans grand intérêt juste accordées pour faire plaisir. Certains diraient pour leur fermer la gueule.

    Pour moi, l’alliance dès le premier tour est d’abord une allégeance, ensuite une manoeuvre électoraliste de la part du parti d’accueil et enfin la mort annoncée d’un nouveau parti. Sincèrement, je pense que le Modem mérite mieux que cela! Il y a dans ses rangs des hommes et des femmes de qualité qui ne pourront pas s’exprimer. Il y a aussi des électeurs qui avaient fait confiance à un homme de conviction, un vrai démocrate, humaniste, et qui vont se sentir floués. Ils avaient fait le choix de ne pas voter à gauche car la candidate ne présentait pas toutes les garanties qu’ils attendaient. Ils avaient fait le choix de ne pas voter Nicolas Sarkozy car ils répétaient à l’envie que cet homme était dangereux pour la cohésion sociale en voulant appliquer une plitique libérale où l’humain est absent.

    Revenons maintenant aux ambitions locales. Deux hommes de valeur en présence au Modem. D’un côté un haut fonctionnaire de Bruxelles, intègre mais parfaitement inconnu de la population. De l’autre, un « patron » agitateur d’idées, dénonciateur du système Darcos. Le premier apparaît comme un carriériste qui cherche une place de premier adjoint. Ce n’est pas lui faire injure que de dire cela, c’est ce qu’on entend dans la population. Le second apparaît comme un trublion à forte personnalité. Il n’est peut être pas très connu mais il donne l’impression d’avoir envie que Périgueux sorte de la léthargie dans laquelle Périgueux s’est enfoncée depuis 10 ans. Il dénonce aussi la dérive des institutions de toutes natures que nous connaissons au niveau national.

    C’est un feuilleton dont chaque jour amène une page nouvelle. Moi, ce qui m’importe, c’est que Périgueux soit géré autrement.

  2. Hermione dit :

    En effet, Marc 24, vous parlez d’or.

  3. Marc24 dit :

    Hermione, je ne sais pas si je parle d’or. Je connais les difficultés qu’ont certains partis pour exister. J’en déduis qu’un nouveau parti doit faire son « trou » avant d’être le supplétif de plus grand que lui. Dommage que Madame Castanet, cette ancienne adjointe au maire ait été remerciée comme une malpropre par celui-ci pour fait de crime de lèse majesté. Elle seule pouvait fédérer ce jeune parti sur Périgueux. Pourquoi n’userait-elle pas de son influence pour que la sérénité revienne au Modem local? Les électeurs de François Bayrou n’attendent que cela d’elle. Dites-lui de ne pas les décevoir.

Laisser un commentaire