MoDem Périgueux, lundi 17 décembre : l’audace et la prudence chapitre 3. Esaüe et le Coucou

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Résumé des chapitres précédents : Le MoDem est l’héritier d’une longue histoire. Il ne peut que difficilement dépasser les contradictions liées à ses alliances et à ses principes d’indépendance affichés dans le cadre des processus d’élection et de composition des majorités. Il ne peut être qu’une machine au service d’une future campagne présidentielle, seule élection où François Bayrou peut faire « triompher » ses idées. Le MoDem local ne peut qu’être soumis aux contraintes générales du Mouvement. Bordeaux, Bergerac et autres lieux montrent les limites de la construction de ce mouvement.

 

 

Extraits de La Dordogne Libre du 19 déc. 2007  

Périgueux – Le MoDem annonce sa propre liste en sus des trois déjà en cours de constitution.

Quatre listes pour les municipales

Stéphane Vacchiani

Et de quatre ! Quatre listes sont en cours de constitution actuellement pour les prochaines élections municipales à Périgueux. On avait déjà celle de Xavier Darcos, même si le maire sortant (UMP) ne s’est toujours pas déclaré officiellement.

On a celle de son opposant socialiste Michel Moyrand. On avait celle annoncée par Jean-Louis Demaret du MoDem et voici maintenant celle du MoDem. (…) Si ça continue à ce rythme, il y aura autant de liste que de membres du parti. (…) Du coup, Marc Mattera tente de siffler la fin de la récréation?

Au travail depuis le 17 novembre, un nouveau groupe de militants est chargé de constituer « La » liste officielle du Modem.

(…) Deux Périgourdins (sont) en charge de cette mission : « Frédéric Boudet et Nelly Perraud Dausse ».

(…) « Monsieur Mingasson nous dit que ce n’est pas possible de faire une liste MoDem à Périgueux, on va lui prouver le contraire », assènent-ils motivés.« On ira, même sans l’investiture »

Ces « démocrates n’acceptent pas la perspective de l’alliance suggérée dès le 1er tour avec Xavier Darcos, numéro trois du gouvernement, parce que ce serait bafouer l’espérance des sympathisants locaux », justifie depuis hier le site de Génération Démocratie en annonçant cette liste en page d’accueil ! (1).

Mieux, comme l’a fait avant eux leur « collègue » Demaret, ils affirment déjà qu’ils iront au bout. « Même sans l’investiture de François Bayrou ». Toujours proche de François Bayrou, Xavier Darcos est prêt à régler l’alliance UMP-Modem directement avec « son ami » comme le maire de Périgueux le revendiquait encore récemment.

<« C'est cela qui est insupportable et hautain : de simples citoyens n'auraient pas le droit de faire une liste, on nous renvoie jouer aux billes ! », défend un des adhérents du MoDem. « Mais si on vote tout le temps pour des élus connus, on ne renouvellera jamais les politiques ! »

<(...) « On doit prouver que l'on peut être une vingtaine à la fin de cette année », pour rendre crédible une liste de 39 noms à dévoiler courant janvier. Avec le soutien ou non du MoDem? (...)

(1) www.generation-democrate.org, et dans les prochains jours les Périgourdins auront leur site :

generation-democrate24.org

Lire l’article en entier.

A Périgueux en revanche, la défunte U.D.F. a une expérience douloureuse avec Monsieur Darcos. Toute l’U.D.F. ? Non, ceux qui ont privilégié la réalité de leurs postes à la potentialité de leur victoire sont déjà partis aux premiers roulements de tambour. Ainsi le Raffarinesque Cornet est-il compté pour un proche de l’U.M.P. tant les effets de la fusion absoption de l’U.D.F. sont cachés lorsque l’utilité existe encore. De ce côté là de l’U.D.F., Monsieur Darcos n’a rien à redouter (sinon peut-être l’affichage de ses choix culturels).

Mais la plus faible partie des cadres et élus qui sont restés en dehors de cette grande soupe bi-partisane et qui se présente désormais sous l’étiquette MoDem, elle, a de la mémoire. Elle tient en deux mots, en un nom : Claire Castanet. Dans ce nouveau parti, trois tendances sont à l’oeuvre. La première, paradoxale, ne rêve que d’allégeance à la puissante formation qu’elle prétend braver mais craint d’affronter. Cette tendance est prête à tout pour obtenir une alliance de premier tour, quitte à brader le capital que représentent les presque vingt pour cent de voix obtenus par François Bayrou. Tel Esaü et son plat de lentilles, Monsieur Mingasson se rue dans cette aventure individuelle au risque de rompre le fragile édifice du MoDem périgourdin.

En apparence, le Mingassonisme a des chances d’aboutir. C’est l’ornière classique du centre que d’être incapable de jouer un autre rôle que les supplétifs. Et Monsieur Darcos se vante de régler cette question en direct avec François Bayrou quelle que soit l’opinion du MoDem local. Mais l’outrecuidance du propos ne peut tromper personne, Bayrou n’a qu’une amitié très mitigée envers son ancien conseiller. Par ailleurs, Monsieur Darcos insistant par trop sur le manque de notoriété de Monsieur Mingasson méprise ouvertement l’apport réel du Centre à sa liste en feignant de croire que son implantation repose sur la seule équation personnelle de Monsieur Mingasson. Le plat de lentille Darcosien risque de se résumer à un brouet par trop clair.

Le MoDem en est tellement conscient qu’il tente mais apparemment en vain de construire une liste autonome malgré les menées de Monsieur Mingasson et de Monsieur Cornet, Esaü et le Coucou, et malgré la volonté clairement affirmée de longue date de Monsieur Démaret, surnommé par l’équipe Darcos toujours en veine d’amabilité, « l’Agité ». Cette tentative du MoDem est vraisemblablement promise à l’échec, voire même n’a de sens qu’au titre d’une pression exercée sur Monsieur Darcos pour qu’il daigne aller au delà de la chétive aumone avec laquelle il pense s’attacher le capital du MoDem. Cette menace plus que cette création réelle d’une indépendance du MoDem est aussi la tentative, semble-t-il désespérée de Monsieur Mattera, d’extraire le MoDem de ce piège tendu par la stratégie de François Bayrou. Critique dans les mots, alliés dans les faits de l’U.M.P., il convient de ménager et ses électeurs en écartant le Mingassonisme à courte vue et ses alliances en écartant Monsieur Démaret qui, lui, ne rêve que d’en découdre avec Monsieur Darcos et son système.

Monsieur Démaret ne peut pas compter sur la presse, ni sur son parti. Mais son action semble recevoir un large soutien des militants. Et s’il retrouvait lui, dans les urnes, les fruits de l’appel au courage et à l’imagination lancé par François Bayrou ?

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2 Réponses à “MoDem Périgueux, lundi 17 décembre : l’audace et la prudence chapitre 3. Esaüe et le Coucou”

  1. Marc24 dit :

    Le Modem n’a pas encore d’histoire. La première page vraiment écrite, c’est François Bayrou qui l’a faite pour la présidentielle. La deuxième a été griffonée à la hâte pour les législatives et c’est encore lui qui s’y est collé. Ici et là, on trouve des bonnes volontés disparates mais aucun n’a trouvé la bonne encre. Beaucoup n’ont pas fait le deuil de l’UDF et restent dans leurs stratégies passées, être les supplétifs de l’UMP. D’autres, à la couleur plus novatrice, verte très souvent, rarement rose, ne viennent écrire que parce qu’ils sont déçus par leur couleur d’origine.

    On ne fait pas un parti en étant contre mais pour quelque chose. Pour faire quelque chose. Un seul homme, même le plus brilant, même le plus sincère, ne peut pas faire un parti tout seul. Il faut des bonnes volontés, il faut structurer un langage, il faut élaborer des modes de fonctionnement, il faut concevoir des stratégies électorales. Le Modem a un besoin urgent de cela si il veut exister. Il n’a pas besoin de ces gens qui ne veulent se servir d’un parti que pour avoir une place sur une liste. Ceux-là, il vaut mieux qu’ils adhèrent à l’UMP. Ils seront ainsi honnêtes avec leurs électeurs potentiels.

    Sur le plan local, Marc Matéra est un garçon honnête, sincère, plein de bonne volonté. Il aurait dû laisser du temps au temps et ne pas s’engager dans cette bataille. Il aurait dû se méfier de ces gens qui ne cherchent que des places au soleil en bons retraités de l’action professionnelle. Il aurait dû attendre des jours meilleurs, comme les européennes. Dommage, vraiment dommage. Sur le plan local, le Modem est mort avant d’avoir existé et il laisse orphelins 1 électeur sur 5! C’est eux qui sont à plaindre. Que feront-ils? Iront-ils se faire pendre à droite comme Monsieur Mingasson? Il ne leur reste qu’une chose honorable à faire, regarder Périgueux, regarder comment vivent les Périgourdins, regarder comment Périgueux est géré, à travers le prisme de leurs valeurs démocrates et humanistes. Si Périgueux leur plaît tel qu’il est, si ils trouvent que les Périgourdins vivent bien, si ils sont satisfait de la manière de gérer la ville, ils voteront pour le maire sortant. Si au contraire, il voient que leurs valeurs ne se retrouvent pas, là, ils auront à regarder le programme qui comportera la meilleure offre de lien humain, la meilleure reconnaissance de tous, sans exclusive, la meilleure proposition de démocratie active. Qu’ils n’oublient pas un fait important, ce sont des hommes qui gèrent, pas des appareils politiques. Il leur faudra regarder les compétences, l’acharnement au travail, la capacité d’écoute et de discussion, la motivation pour le bien de tous, l’implication dans la vie locale. Les Périgourdins aiment se retrouver dans les hommes qui gèrent leur ville.

  2. Hermione dit :

    Tout de même, sans remonter à la révolution et à son « Marais », de Schuman à Bayrou, le centre a une histoire, certes moins affirmée sous la V° que sous la IV°, mais une histoire tout de même.

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