Laïcité, le seul garant de notre liberté de conscience !

Je vais faire de la pub au Figaro ! (Ouh ! Que ça m’ennuie !) : LE FIGARO.fr

Certes, ce journal ne laisse sournoisement subsister en première page politique que les âneries logiques et les boursouflures pseudo intello du pauvre Raffarin, mais …

Mais il a publié cet article qui devrait parler à tous les républicains de ce qu’est la laïcité à la française. Un Bayrou en forme et incisif parle de république et de laïcité. Un exposé clair,  logique et raisonnable de ce qu’est la laïcité au rebour de toutes les attaques dont elle est la victime. Non, il n’existe pas de « laïcité ouverte » (bien pensance de gauche), non, il n’existe pas de « laïcité positive » (dérive droitière de l’esprit de clan). La laïcité est par nature ouverte, accueillante, promesse et garantie de liberté de conscience.

 Sarkozy veut réduire la laïcité au champ clos des appétits des croyances qui se partageraient pacifiquement la parole publique et le pouvoir. Ce qu’elle n’est pas à l’évidence.  Monsieur Sarkozy fait l’impasse sur l’histoire de France et  l’aventure des chrétiens calvinistes et luthériens en glissant d’une France chrétienne à une France catholique. Monsieur Sarkozy (ses conseillers en réalité) fait l’impasse sur l’histoire de France et celle de ses citoyens juifs puis musulmans qui font partie intégrante de l’identité nationale parceque cette identité est justement faite de la volonté de partager une aventure commune et non une religion. Sarkozy fait l’impasse sur tout le courant positiviste de la pensée française qui est précisément agnostique sinon athée.

Mais si Sarkozy définit la France comme une nation catholique, pourquoi dire qu’il veut faire de la laïcité le domaine de partage de l’espace public par les religions ? Et bien parceque la laïcité lui sert justement de pseudo liant, qui au nom de la tolérance, admettrait les religions à venir concourir avec la catholicité à la définition d’une éthique et d’une identité nationale …

C’est bien ici la négation de la possibilité d’exister à une morale non confessionnelle. C’est bien ici le déni de toute spiritualité à l’être humain en dehors des dogmes et des croyances. C’est bien ici la tentative d’imposer les courants religieux comme inspirateurs de la norme morale, puis civile et politique.

Or donc, le Figaro donne la parole à Monsieur Bayrou dont la parole est particulièrement intéressante.

Bayrou : «Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine»  

 

Propos recueillis par Judith Waintraub 26/12/2007

«La République n’a pas à sous-traiter l’espérance aux religions. Elle est en charge de réaliser un monde meilleur», dit François Bayrou.

Le président du Mouvement démocrate reproche à Nicolas Sarkozy «le mélange des genres, entre l’État et la religion».

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?

François BAYROU. Quand on a besoin d’un adjectif, c’est qu’on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s’est construite. S’exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d’émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l’intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C’est le retour, qu’on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l’État et la religion. Ce mélange des genres n’a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d’espérance quand on fait de la politique ?

La République n’a pas à sous-traiter l’espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d’inviter à l’attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l’espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu’elle était loin derrière nous ! Ce n’est pas autre chose que «l’opium du peuple» que dénonçait Marx. C’est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l’islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l’espérance religieuse et l’espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n’est pas seulement l’espérance, ce n’est pas seulement pour l’avenir. C’est pour le présent, c’est voir le monde et voir l’autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C’est en cela qu’il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l’«aspiration spirituelle» de l’être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?

L’aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l’être humain. Sur ce point, je suis d’accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu’on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d’approche. D’abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu’il faut se référer à la religion que d’en voir un autre affirmer qu’il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n’est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d’un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu’une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?

Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l’instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu’il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l’instituteur n’est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l’intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l’autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu’il ne peut imposer aux autres. L’idée qui fonde la démocratie, c’est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l’ordre du pouvoir, l’ordre de la religion et l’ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l’homme n’est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l’être.

Cela vous choque ?

Oui. En outre, c’est un paradoxe troublant que celui d’un pouvoir qui affiche chaque fois qu’il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l’espace public. Cela s’est déjà produit dans l’histoire. Aujourd’hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l’admettre : ils ont quelque chose en commun, c’est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

Pour prendre connaissance des pignolades de Raffarin :   Next page et du Chanoine : Laïcité, le seul garant de notre liberté de conscience ! dans considérations de poltique générale doc discourssarkozylatran.doc

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