De l’euphémisme et de ses délices. Le Sarkozysme en une leçon.

J’ai trouvé sur le site de Maître Eolas, un exemple extrêmement condensé de la politique française depuis six mois. ( Ce site par ailleurs n’est pas amusant du tout, il y est parlé de droit plutôt que de politique !…)

Cet Eolas donc, décerne régulièrement un prix, le prix Busiris. Pour l’obtenir, les récipiendaires doivent avoir tenu des propos qui constituent, je cite «une affirmation juridiquement aberrante, si possible contradictoire, teintée de mauvaise foi et mue par l’opportunité politique plus que par le respect du droit.»

 Maître Eolas a décerné ce prix à quelques personalités françaises dont il prétend qu’elles sont à des postes de responsabilité dans notre république. Mais ignorant de leurs noms et de leurs attributions précises, je préfère mettre ici en exergue le Prix Busiris décerné à  Monsieur l’Attorney Général- le Ministre de la Justice- des Etats-Unis, Alberto Gonzales. Celui-ci en effet permet de comprendre à peu de frais le principe de contradiction interne que le prix Busiris entend honorer et surtout, est orné du plus bel euphémisme que j’ai lu depuis longtemps et je l’emploi dans mon for intérieur souvent en lisant les péripéties de l’aventure au pouvoir de Monsieur sarkozy.

Voici le contexte : le Ministre de la Justice est entendu par une commission sénatoriale sur de possibles violations de l’habeas corpus par le gouvernement états-unien. A la question du sénateur Arlen Specter, il répond :

Alberto Gonzales  : « -Il n’y a pas de garantie expresse d‘Habeas [corpus] dans la Constitution ; il y a une interdiction de le suspendre.

Arlen Specter : -Attendez une minute : la Constitution dit que l’on ne peut pas le suspendre sauf en cas de rébellion ou d’invasion. Cela ne signifie-t-il pas que vous avez le droit d‘Habeas Corpus à moins qu’il ne se produise une rébellion ou une invasion ?

Alberto gonzales :  - La Constitution ne dit pas que tout individu aux Etats-Unis ou tout citoyen se voit accorder ou garantir le droit d‘Habeas Corpus. Elle ne dit pas cela. Elle dit simplement que ce droit ne peut pas être suspendu sauf en cas de rébellion ou d’invasion.

Arlen Specter : – J’ai l’impression que vous violez votre interdiction d’outrager l’intelligence

La chose prend tout son sel quand on apprend que Specter est Républicain.

L’anecdote sur le site de Maître Eolas : Alberto Gonzales.

Reprenons une phrase tout à fait digne d’intérêt de Monsieur Sarkozy : « Je ne suis pas pour l’abolition de la durée légale du travail, car je suis pour les heures supplémentaires. Or s’il n’y a pas de durée légale du travail, il n’y a plus d’heure supplementaire. »

Passons sur le fait qu’il resterait toujours la durée légale du travail européenne, mais ne doit-on pas déduire de cela que Monsieur Sarkozy, qui la veille promettait la disparition des trente-cinq heures en France d’ici la fin de l’année 2008, est devenu Président de la République en ignorant quelle était la durée légale du travail en ce pays ?

Ou plus probablement qu’il dit tout et son contraire pourvu que cela lui assure couverture des journaux ? Notons qu’aucun journaliste présent, n’a eu l’aplomb ou l’esprit de répartie ou l’indépendance intellectuelle à même de produire une réplique de la tenue de celle du sénateur Specter.

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2 Réponses à “De l’euphémisme et de ses délices. Le Sarkozysme en une leçon.”

  1. Marc24 dit :

    Paroles! Paroles! Plus facile de jouer la séduction que l’acttion! Sauf que en coulisse certains prennent cela au pied de la lettre et font en sorte d’être plus royalistes que le roi et vont au delà des mots. Taillables et corvéables à merci, voilà ce que deviennent les travailleurs! Pourtant, nous avons fait la Révolution, faudra-t-il que nous rappelions à tous ces descendants d’hobereaux que nous sommes encore capable de les mener en Place de Grève?

  2. Hermione dit :

    Il faudra signer désormais vos billets Jacquou24, Marc !

    En effet, les hobereaux en place de grève. Ca leur apprendra à vouloir nous interdire le grand tric !

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