MoDem le tropisme et l’indépendance chapitre 2

De ce mois de décembre, où était publié le chapitre 1 des valses hésitations du MoDEm, au mois de janvier, l’actualité vient nous rappeler que certaines élections locales ont des enjeux nationaux. Ainsi en va-t-il de l’Arc Pau-Bordeaux-.Périgueux.

 Bordeaux, où le MoDem s’allie avec Monsieur Juppé quand le Nouveau Centre allié de l’U.M.P. présente une liste concurrente. Tous les journaux le disent, Monsieur Juppé joue sa carrière politique sur cette élection. Et Monsieur Bayrou, magnanime l’épargne. Faut-il penser que la carte Juppé reste la seule à pouvoir être jouée à l’interne contre Sarkozy ?

Périgueux ensuite. Monsieur Darcos est ministre d’un gouvernement pour lequel Monsieur Bayrou n’a qu’une tendresse mitigée. La fameuse « amitié » envers Monsieur Darcos a été passablement écornée par l’attitude de Monsieur Darcos ralliant l’U.M.P. (R.P.R. à ce moment là)  en lâchant son « patron ».

Pau enfin. Pau unique objet de son  contorsionnement. Pau qui brille d’un éclat tel que F. Bayrou passe l’éponge sur toute manoeuvre, toute avanie qu’on lui aura faite.

L’histoire de l’élection est toujours semblable à cette réplique d’Adalbert Talleyrand au Roi Hughes qui lui demandait « -Qui t’a fait comte ?  -Qui t’a fait Roi ?… »

Si tu me fais perdre ici, tu perdras là. Et ce n’est pas le parrainage posthume de Labarrère, ce ne sont pas les jeux de candidatures multiples à gauche qui suffisent à le rassurer. Affirmant, dans la carte politique telle qu’elle résulte du jeu des alliances avant qu’il ne le trouble, que partout où la coopération entre élus centristes et U.M.P avait été fructueuse de leur point de vue, il fallait les reconduire, les cas de présentation de listes autonomes allaient être de l’ordre de l’exception.

Mais le fructueux comment l’apprécier ? Périgueux nous montre que l’on peut avoir retiré ses délégations à une élu U.D.F. au motif qu’elle s’était présentée sur la liste de Monsieur Bayrou au régionale et prétendre au mètre étalon, du point de vue local toujours, d’une collaboration fructueuse entre le Centre et l’U.M.P. A Bordeaux, il ne fallut pas moins que Monsieur Juppé démontrât dans ses conversations avec le MoDem qu’il s’était imprégné des préoccupations environnementalistes du MoDem pour qu’une alliance soit conclue. Si !

Et le jeu de quille est complexe. Les élections municipales concomittantes aux cantonnales sont la clef des sénatoriales à venir. Il est même pensable que des échanges de bons procédés puisse avoir lieu dans tous les sens.

Or, nous dit-on, c’est le Parti Socialiste qui est rigide et accroché à de vieilles alliances qui « rejette les possibilités d’ouvertures » qu’attend fermement le MoDem ….

Avant d’essayer de réfléchir à cette situation du point de vue du tropisme du Centre envers son voisin le plus puissant immédiatement à sa droite, de penser en termes de tractations politiques dans un jeu forcément national au vu des personnes qui sont en présence, prenons un peu de recul. Allons voir dans la Région Rhône-Alpes les situations, les positions, les faits et leurs conséquences …

 

 

 

Source « Libélyon » 14/01/2008

Le Modem étale ses divisions et négocie avec Perben 

MUNICIPALES -Les électeurs lyonnais n’auront guère le choix aux municipales. Ils devront sans doute se contenter d’un duel entre le maire (PS) sortant, Gérard Collomb, et son challenger UMP, Dominique Perben. Le Modem avait tout pour offrir une alternative, dans une ville où François Bayrou atteignait 22 % à la présidentielle. Mais la perspective s’éloigne sérieusement…Tout en maintenant une posture indépendante, les responsables locaux préparent une alliance avec Dominique Perben. Et une dizaine de leurs jeunes militants ont saboté, vendredi soir, une soirée organisée par les partisans d’une liste autonome. Le même soir, l’investiture officielle a été donnée à Christophe Geourjon, délégué départemental UDF-Modem. Mais à moins de deux mois du scrutin, il manque la moitié des 221 candidats nécessaires, et les premières bribes de programme ne paraissent guère crédibles. La longue préparation des listes Modem était surtout destinée à empêcher une autre liste de se lancer, tout en continuant de négocier avec Dominique Perben les conditions d’une fusion. Les «indépendantistes» ont longtemps espéré le soutien de François Bayrou : ils contestent comme lui la «bipolarisation» de la vie politique. Vendredi, ils avaient loué une salle et 150 personnes environ étaient venues les écouter. En grande majorité des nouveaux militants, jamais encartés avant leur arrivée au Modem, séduits par le Béarnais. Une douzaine de témoignages se sont succédé frais et parfois naïfs. Sur l’«engagement», les «valeurs», l’«honneur», la «liberté», la «résistance»… Au premier rang, une dizaine de jeunes gens ricanaient. Ils avaient reçu un mail de Marc Augoyard, président des Jeunes démocrates, pressenti pour intégrer les listes de Dominique Perben en cas d’accord. Il leur demandait de venir se faire entendre. A l’issue des prises de parole, alors que des débats sont prévus dans la salle, une jeune fille se précipite sur la scène pour prendre le micro, aussitôt refusé. Des cris fusent alors, des participants hurlent à la censure. La confusion gagne la salle et une partie des nouveaux militants quitte les lieux.D’autres restent, pour un dialogue de sourds révélateur des fractures au Modem. Un militant allemand qui vit à Lyon explique ainsi à un jeune perturbateur bien habillé qu’il a rejoint le Modem pour «faire de la politique autrement», défendre des idées, «pas calculer les différentes combinaisons et combien d’élus elles rapportent». L’autre prend alors une moue méprisante: «Un conseil, arrête de faire de la politique. Nous, on n’est pas là pour entendre tes utopies improbables. On a les mains dans le cambouis, et pour ça, il faut des élus.»Un peu plus loin, Luc, 32 ans, explique au président des Jeunes démocrate que pour lui, le Modem se comporterait en «vassal» s’il faisait campagne aux côtés des amis de Charles Millon, élu en 1998 à la tête de la région Rhône-Alpes avec les voix du Front national. «Mais personne n’est obligé de venir sur ces listes», lui répond sans se démonter Marc Augoyard. Après cet aveu, recevant un message du directeur de cabinet de Michel Mercier, patron du Modem du Rhône, le président des jeunes perturbateurs monte sur la scène pour lancer: «Christophe Geourjon a l’investiture.» Les autonomistes, déconfis, n’y croient pas. C’est pourtant vrai.Officiellement, François Bayrou était favorable à une liste autonome à Lyon. Mais il a cédé à Michel Mercier, compagnon de longue route, trésorier de son parti, et président du groupe centriste au Sénat. Michel Mercier n’avait guère le choix de la stratégie. S’il s’oppose à Dominique Perben, l’UMP présentera des candidats dans tous les cantons et villages centristes du Rhône. Aux dernières sénatoriales, déjà, il avait fait perdre un élu à Mercier pour le punir de son indépendance.Les épisodes de ces derniers mois épuisent les militants les plus investis, et désorientent les derniers arrivés. Le Modem risque de connaître dans le Rhône un sérieux exode. Il y perdra le renouvellement qui s’amorçait, mais ses responsables retrouveront des troupes plus dociles, acceptant de suivre la ligne même quand elle change, ou n’est pas avouée publiquement. Probablement débarrassé de la menace d’une liste réellement autonome, le Modem maintiendra-t-il la sienne jusqu’au premier tour ? Rien n’est moins sûr. Dominique Perben expliquait la semaine dernière que les discussions se poursuivent pour décider s’il vaut mieux fusionner de suite. Le projet d’alliance connu, le risque existe pour le Modem de ne pas atteindre 5%. Quelque soit la solution, le parti de François Bayrou trouvera quelques élus. Et perdra beaucoup de militants.

Ol.B.  

analyse de traffic

analyse audience

4 Réponses à “MoDem le tropisme et l’indépendance chapitre 2”

  1. Marc24 dit :

    Pourquoi est-ce si compliqué d’être au centre?

  2. Hermione dit :

    C’est peut-être que le Centre, lorsqu’il n’est accompagné d’aucun complément ou adjectif, n’est qu’une expression de géométrie, un point imaginaire dans l’espace, sans dimension.

  3. Marc24 dit :

    Hermione, cela n’a donc rien à voir avec ce que certains pensent être, « être le centre du monde »? Ce n’est donc pas nombriliste, seulement une vue de l’esprit. Ces cartésiens!

  4. Hermione dit :

    Ce Mouvement Centriste est conforme au paradoxe de Zénon. Comme il ne sera jamais possible au MoDem de parcourir la demi distance de ce qui l’éloigne de l’autonomie, le mouvement n’existe pas.

    Mais s’il est impossible de penser de façon cohérente une théorie du mouvement, il nous faut l’admettre au titre de phénomène. Toujours selon Zénon. ;)

Laisser un commentaire