Chanoinerie et laïcité, Sarko et Bauberot. Section 3.

La suite des Sarkozeries Vaticancanesques.

Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble les enjeux de l’avenir et non plus seulement les blessures du passé. Je partage l’avis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l’espérance est l’une des questions les plus importantes de notre temps. Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté beaucoup d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives – que je ne mets évidemment pas sur le même plan – n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence.

 

 

Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin » pour reprendre les termes même de l’encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de l’être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort.

Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques. Et ces questions essentielles n’ont rien perdu de leur pertinence. Bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.

« Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement qu’en réalité, ce n’est pas la totalité. Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours ce qu’il ne peut jamais atteindre. […] Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce qu’on peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d’espérance ». Ou encore, comme l’écrivit Héraclite, « Si l’on n’espère pas l’inespérable, on ne le reconnaîtra pas ».

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Suite de l’analyse de Jean Baubérot.

  Les évêques furent désavoués par le pape. L’historien Maurice Larkin a montré que ce n’était pas le contenu de la loi mais la peur d’une contagion internationale, la peur de la fin de Concordats en Espagne et Amérique latine qui avait principalement motivé la décision du Saint-Siège. L’espoir aussi qu’une aile dure du catholicisme allait faire échoué la loi. La République, très bonne fille, a répondu par la loi du 2 janvier 1907, dont le but était, selon Briand son rapporteur, « de faire une législation telle que, quoi que fasse Rome, il lui soit impossible de sortir de la légalité », de « mettre l’Eglise catholique dans l’impossibilité, même quand elle le désirerait d’une volonté tenace, de sortir de la légalité ». 

(…) La vision de l’histoire que les conseillers républicains de Sarko lui ont soufflée est la suivante : « C’est surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage des souffrances de leurs concitoyens, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé l’anticléricalisme. » Génial : ce n’est donc pas la République qui a su vaincre ses propres démons (l’anticléricalisme des premières années du XXe qui, au départ, il faut le rappeler, provenait de l’attitude dominante catholique dans l’affaire Dreyfus, aboutissait effectivement à écorner des libertés) et qui l’a fait avec les lois de séparation (1905-1908), c’est l’attitude des prêtres pendant la guerre 14-18 ! Encore bravissimo M.M les conseillers, c’est très bien pour des RRRRépublicains de cracher ainsi sur la République ! 

Soyons précis : la guerre de 1914-1918 a contribué effectivement à la réconciliation des deux France. Mais d’une part, cela s’est fait des 2 côtés : les poilus ont découvert que les prêtres ne ressemblaient pas à la caricature diffusée par l’anticléricalisme ; les officiers (qui, pour la plupart étaient allés soit à l’école confessionnelle soit dans les petites classes de lycées et n’avaient donc jamais fréquenté l’école primaire laïque) ont découvert que les soldats, issus de « l’école sans Dieu » n’étaient pas, comme on le leur avait seriné, dépourvu de valeurs morales. Le discours ne retient que le premier aspect ! Déjà le propos sur 14-18 est complètement unilatéral, donc calotin. 

D’autre part, la loi de 1905, les lois de 1907-1908 avaient déjà transformé la donne et fait œuvre d’apaisement, de pacification : la France de 1912-1914, n’est pas du tout, sur ce plan, celle de 1902-1904 : le conflit des deux France n’est déjà plus un conflit frontal. C’est d’ailleurs ce qui permet ce que l’on a appelé « l’Union Sacrée ». Elle est possible en 1914, elle aurait été extrêmement plus difficile 10 ans auparavant. La « Grande guerre » s’inscrit dans un processus que la « laïcité de sang-froid » (Briand) qui a présidé à la séparation a mis en route. Toute la reconstruction historique du discours est ainsi tordue dans un sens précis qui tourne fondamentalement le dos à l’esprit de la loi de 1905, car ce qui est le message essentiel de cette loi consiste à dire que la France n’est pas une nation catholique ou chrétienne, ou judéo-chrétienne (peu importe), qu’il n’y a pas de dimension religieuse dans l’identité nationale (c’est le sens fondamental de l’article 2) et que la France assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes (article 1). 

-source le blog de Jean Baubérot-

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