Sarkozy et sa troublante mémoire

Ainsi donc, il faut que chaque enfant des écoles primaires soit la mémoire vivante d’un enfant français de confession juive mort en déportation ?

Je ne vais pas ici vous dire les arguments de ceux, médecins, historiens, enseignants qui y sont opposés. Je note qu’au rang de ceux qui  sont le plus fermement contraires à cette idée se trouve Simone Weil qui a plus d’un titre pour s’exprimer sur cette question.

Non, ce qui me choque, me hérisse avant même de savoir si cela est bon ou mauvais pour l’enfant, pour la pensée hébraïque réduite à son seul holocauste, pour la France avec un risque d’opposition des mémoires mises en compétition, c’est l’énonciation même du projet présidentiel.

Je l’ai entendu d’abord à la radio, puis soit que les journalistes aient gommé d’eux même cette surprenante restriction, soit (me disais-je) que j’avais mal entendu, cela a disparu quelque jours. Mais hier à Périgueux, Monsieur Sarkozy est revenu à la charge et les télévisions ont rendu compte, cette fois sans gommer le propos présidentiel.

Il s’agit bien de porter la mémoire des enfants juifs FRANCAIS ! Si par exemple, quatre enfants Nathanaël, Daniel, Rafaël et Schlomo ont été arrêtés par la police française puis déportés et exterminés, qu’ils fussent ou ne fussent pas scolarisés dans votre école, eh bien vous voudrez bien porter la mémoire de Schlomo qui était de nationalité française, les autres qui étaient des petits Polonais, Allemand ou Hongrois, bien qu’arrêtés sur le territoire français par la police française, ce n’est pas nos oignons, chacun sa mémoire.

Ce type est surprenant, ce type est effrayant. 

Lire en termes plus modérés mais encore plus contempteurs l’article de Philippe Bilger sur son blog.

analyse audience

Laisser un commentaire