J’ai fait un rêve.

Périgueux, année 2020. C’est un plaisir de se promener à bicyclette dans les rues de la ville. Vous glissez entre trolleys et bus électriques. Il faut dire que d’énormes travaux d’aménagement n’ont cessé d’agiter la cité au cours de la dernière décennie. Les collines n’ont pu être rasées pour faire de la Dordogne l’équivalent des Pays-Bas, mais tout ce qui a pu l’être l’a été.

Périgueux a en outre mené une réflexion sur les espaces verts et les réserves foncières. Contrairement à certaines de ses voisines, elle n’a pas transformé les stades en cité. Il faut dire que l’exemple du parc Ste Ursule était là pour éclairer sa réflexion. Les habitants s’accordent à penser d’ailleurs qu’il est fort regrettable que la dernière réforme des collectivités territoriales n’ait pas eu lieu dix ans plus tôt.

En effet depuis le 1° juillet 2011,

 

les communes sont supprimées. Plus exactement il n’y a plus qu’une seule commune par canton, ou encore par centre urbain. Désormais une commune « pèse » cent mille habitants. L’effet corollaire est que les usines à gaz des intercommunalités et syndicats divers, les contrats de pays et toutes les lourdeurs « doublonnantes » inventées dans les dernières années du vingtième siècle, sont supprimés et désormais interdits. Seuls des élus répondant directement de leur action devant le suffrage universel sont autorisés désormais à gérer les affaires publiques. Malheureusement pour certains dossiers, il est trop tard. (En complément, et contrairement à certaines rêveries qui furent à la mode autrefois et dont on rit aujourd’hui, le département est conforté. La région elle a été profondément transformée, la France n’en compte plus que dix.)

Le cycliste moyen traverse Périgueux depuis la Porte Montanceix jusqu’à la porte Ladouze en un peu plus d’une heure. Mais l’automobiliste peut encore pénétrer jusqu’au centre de la ville. Les parkings souterrains ancienne manière, inondables et aux portes rendues capricieuses par les atteintes de l’humidité, sont devenus des champignonnières. Ils ont été remplacées par des tours de stationnement. Dans le cadre de projets architecturaux novateurs, ces tours en béton brossés entourent la cathédrale St Front dont l’environnement a été entièrement vidé d’immeubles d’habitation et creusé jusqu’au niveau des boulevards. Ces tours sont couvertes de tuiles romanes canal teinte aquitaine pour complaire à un voeu des représentants des monuments historiques. Leur hauteur, qui dépasse le plus haut clocheton de saint Front, empêche que l’on puisse voir la cathédrale critiquent certains. Mais il faut plutôt concevoir ces tours comme l’écrin moderne et protecteur de ce bâtiment vétuste.

Les vestiges des arènes ont été démontés parcque n’étant pas en harmonie avec un autre magnifique projet architectural, béton et fenêtre minium, qui les jouxte depuis quarante ans. L’espace enfin dégagé a permis l’implantation de nouveaux jeux pour les enfants. Le musée Vésunna n’a eu besoin d’aucune retouche ou réfection.

C’est sous la garde bienveillante des chars russes à la livrée rose et bleue, achetés en juillet 2008 pour équiper la police municipale, que chacun vaque à ses activités entre commerces et bureaux, habitation et loisirs. (Ces T-80 BV ont vu leur motorisation transformée avec des turbines à gaz , GTD1250 version T-80 U, en 2O10.) Un vrai bonheur.

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